Les Animatrices ORPER

Catherine Rousson

J'ai passé ma petite enfance à Davos, dans les Grisons. Mon père, romand, était médecin et travaillait dans un sanatorium. Ma mère, suisse allemande, était mère au foyer. Enfant du milieu, j'avais un frère de un an mon aîné et une petite sœur de cinq ans ma cadette. Nous parlions français à la maison et suisse allemand à l'école et avec les copains. Nous vivions dans la neige, le froid, le ski, la luge et le patin. Nous étions une famille heureuse.

Au bout de quelques années, mon père, qui traversait une crise existentielle, a voulu revenir vivre en Romandie, ce qui a provoqué le divorce de mes parents. Mon père ne s'en est jamais remis et moi, je ne savais plus qui j'étais : j'ai dû recoller les morceaux, transformer ma souffrance en énergie, apprendre à tisser de nouveaux liens.

Au cours de ma « grande enfance », j'ai cherché mon chemin dans la poésie, la philosophie, et des romans: je vivais cela comme de vraies rencontres ; je me nourrissais de musiques, de chansons et je dansais.

Je me suis mariée très jeune ; j'ai rencontré mon mari en faisant du théâtre avec lui et à l'université de Neuchâtel où j'ai entrepris des études de sociologie. Nous avons eu deux fils et sommes actuellement les grands-parents de deux petites-filles.

C'est au cours de mes études que j'ai pris conscience de l'influence de l'environnement familial, institutionnel, linguistique, culturel, géographique, sur la trajectoire de vie des individus : comment le destin individuel s'inscrit dans un destin collectif et à quel point nous avons besoin de rencontrer les autres pour mieux nous comprendre.

Sensibilisée aux accidents de parcours, je me suis formée à la relation d'aide auprès des parents dans leur tâche éducative et leurs relations familiales en animant des groupes de parole. Puis j'ai contribué à la création d'un service d'écoute téléphonique à leur intention. Enfin après de nombreuses démarches de formations et de développement personnel, j'ai été engagée par les écoles primaires et enfantines, dans des mesures de soutien aux enfants en mal d'intégration dans leur environnement scolaire, afin de leur permettre de mieux endosser leur métier d'écolier.

Actuellement à la retraite, j'ai à cœur de continuer d'animer des groupes ORPER.

Johanna Schürmann

Ma vie a été imprégnée par ma jeunesse et ma scolarité que j’ai passées en différents endroits de la Suisse allemande. Dans ma famille vivaient trois générations : ma grand-mère, mes parents et nous les enfants, quatre filles et un garçon. Cette situation a éveillé mon intérêt pour les liens, les relations humaines. Mais, j’étais également attirée par les sciences naturelles, ce qui a influencé mon choix de profession. Je suis devenue médecin, comme mon père.

Avec mon mari biologiste et chercheur, nous avons passé deux ans en Allemagne et puis plusieurs années aux Etats Unis où je n’ai pas pu pratiquer mon métier. Mais j’ai pu observer et expérimenter les multiples manières de vivre loin de la famille proche dans un environnement nouveau dont on ne connaît pas bien ni la langue ni les coutumes; l’importance de se faire des amis, de créer des liens pour se sentir moins seul, se révèle alors vital.

De retour avec nos deux fils, ma vie nomade s’est stabilisée en Suisse romande. Vie de maman, de femme un peu déracinée et sans travail professionnel. Pour m’intégrer à Neuchâtel, je me suis engagée dans les Ecoles de Parents et j’ai fait une formation à l’animation de groupe. J’ai ainsi privilégié mes intérêts pour les relations humaines et suivi d’autres formations comme l’écoute active, l’Analyse transactionnelle, le coaching, la Sophrologie…

Travailler avec des familles, surtout avec des femmes, des mamans et leurs enfants dans des groupes, dans un service d’écoute téléphonique ou dans une structure de type Maison Verte créée avec deux amies, m’a enrichie et m’a fait découvrir les ressources que chaque personne possède pour résoudre ses problèmes.

Aujourd’hui, je suis à la retraite et grand-maman d’un garçon de six ans, heureuse de pouvoir continuer de m’investir dans les groupes ORPER .

Arlette Cardinet

Je suis française d’origine. J’ai fait des études de Psychologie à Paris et en Sciences de l’Éducation à l’Université de Genève.

Après mon mariage, avec mon mari psychologue, nous nous sommes installés en Suisse. Nous avons trois filles et nous avons maintenant huit petits-enfants.

J’ai travaillé comme professeur de Psychologie et de Pédagogie dans des Écoles Normales à la formation des institutrices et des maîtresses d’École enfantine. Mon mari était professeur de Psychologie à l’Université et chercheur en Éducation.

Au début de notre mariage, un long séjour aux États-Unis (où je ne pouvais pas exercer mon métier), m’avait donné de l’intérêt et du goût pour le travail bénévole. De retour en Suisse, j’ai cherché à m’intégrer dans des associations féminines afin de travailler en faveur des femmes et des enfants : animatrice de groupes de parole comme ORPER, animatrice à l’École des Parents, création d’une association pour l’information et la réintégration des chômeuses, création d’une structure d’accueil pour écoliers, ou organisation de journées d’études sur l’aide aux personnes âgées, par exemple.

Travailler avec d’autres femmes, pour créer ou pour développer une association en faveur d’une cause commune, a été pour moi une source d’enrichissement personnel et aussi professionnel. Travailler avec d’autres femmes dans un domaine encore inconnu m’a donné la possibilité d’utiliser mon expérience dans des activités nouvelles, ou me découvrir d’autres possibilités. Travailler avec d’autres femmes a été aussi un moyen de m’intégrer dans la société neuchâteloise et de nouer des liens d’amitié hors de mon entourage familial et professionnel.

Ces liens d’amitié qui se créent entre femmes, à l’occasion de rencontres ou d’un travail commun, leur ouvrent d’autres horizons et leur offrent un temps pour des échanges à la fois intellectuels et affectifs. Selon le Professeur Alan, professeur de Psychiatrie à l’Université de Stanford, «ce sont de précieux auxiliaires pour notre santé morale et physique. Car, ne pas créer et ne pas maintenir des relations personnelles de qualité est aussi dangereux pour notre santé que de fumer. »